12.4.06

les plaisirs démodés

Attention à ne pas peindre le blog en noir, il y a aussi du bon. Ouvrir le micro et parler (si insipides soient vos paroles), c’est quand même une expérience unique.

Quand le format vous demande de faire vingt secondes d’antenne, les vingt secondes s’avèrent intenses. Difficile d’expliquer ce qu’il se passe à ce moment-là. C’est un peu comme affronter un public sur scène… Le premier pas qui vous fait monter sur les planches, c’est une sorte de plongeon vers l’inconnu. Et même si préparé est cet inconnu, vous ne garantissez jamais à votre voix, à votre ton d’être juste au bon moment.

Jamais un texte répété six fois avant d’être dit ne sonnera pareil à l’antenne… C’est pourquoi la montée d’adrénaline que vous subissez en allumant votre micro est aussi forte que la chute d’adrénaline quand vous l’éteignez.

Malheureusement, et c’est comme ça dans tous les métiers, il se peut que parfois, allumer votre micro ne vous procure plus rien. Il se peut même que vous soyez fatigué de parler en plein milieu d’une intervention.

Le pire, c’est quand on vous demande de parler de quelque chose auquel vous ne croyez pas.

Détester profondément un artiste et en faire une thématique sur une semaine peut se révéler comme un clavaire insoutenable. Vous avez l’impression de mentir aux gens qui vous écoutent. Vous vous trahissez vous-même.

Mais même dans ce cas, à la longue, ça ne vous fait plus rien.

Et il existe la situation inverse: quand on vous demande de parler de quelque chose qui vous passionne et que votre temps de parole est complètement réduit et que par frustration vous vous entendez vous excusez à l’antenne avec une phrase du genre : «on pourrait en parler des heures, mais on va résumer… ».

Parce que là, une fois de plus, la direction n’a pas su vous écouter quand vous lui avez suggéré que prendre un peu plus de temps pour parler d’un artiste pouvait amener quelque chose puisque vous connaissiez parfaitement votre sujet.

Il arrivera parfois qu’on vous interdise même de traiter d'un sujet que vous connaissez par cœur et qui colle parfaitement à la radio… parce que votre chef d’antenne se dit : « Il va m’en faire une tartine » ou tout simplement parce que le chef d’antenne se fait un malin plaisir de vous l’interdire.

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