Une voix trop jeune

En gagnant un concours sur RSR-La 1ère, on pense apprendre pas mal de choses. Comme les débuts de l’écriture dite radiophonique (de l’écrit à lire pour être dit), on apprend à faire une prise de son à l’extérieur, à faire un reportage, un interview, un micro-trottoir et même, on apprend à faire du montage avec des mecs qui utilisent 4 à 5 pistes audio différentes pour réaliser votre son.
A cette période, pour traiter un sujet, on a entre 3 et 12 minutes. Plus tard, on devra apprendre à faire ça en 20 secondes. Pourquoi ? On imagine qu’il y a une histoire de confiance, de fric et de beaucoup d’autre chose. Mais on en reparlera.
Dans ce concours, on apprend aussi l’échec de la dernière heure : quand vous avez passé tous les tests, toutes les sélections, que vous avez fait de l’antenne et que la dernière étape vous passe sous le nez, c’est terrible!
Il y a une sorte de règle du jeu expliquée par l’équipe du concours à la fin des deux semaines d’émission : si vous recevez une lettre, vous ne continuez pas, si on vous appelle pour un entretien, c’est ok.
On reçoit l’appel. Yes, ils m’appellent !
Mais une fois rentré dans le bureau où directrice d’antenne, RH, productrices de l’émission font une drôle de tête, on sent un malaise. On vous explique qu’on vous a quand-même fait venir parce qu’il fallait pas croire que vous n’étiez pas fait pour ce métier, au contraire. Mais le jury (ah! le jury, qui est ce jury dont on nous avait pas vraiment parlé avant ?) trouve que votre voix fait trop jeune.
On vous propose un truc, une alternative : faire vos armes sur les radios privées et revenir dans quelques années.
Depuis les années passent, soit la voix ne vieillit pas, soit c’était une bonne excuse pour vous évincer, soit vous étiez carrément mauvais. On apprend la déception. Ça se passe comme ça à la RSR.

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